Implication des algues dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), adapté de Perrin et Dorrell (2024).

Les activités humaines depuis l’ère industrielle ont des conséquences désastreuses, contribuant au réchauffement climatique, à la dégradation de la biodiversité, à la perturbation des écosystèmes, et mettant en péril la stabilité et la résilience de notre planète (Lee et al., 2023; Richardson et al., 2023). Les laboratoires de recherche contribuent à l’amélioration des connaissances sur l’environnement et jouent un rôle majeur dans la caractérisation de la crise écologique actuelle. Cette contribution est évidente en phycologie, discipline qui étudie les algues, organismes d’une importance fondamentale et dont la vulnérabilité face au changement climatique est encore peu connue (Perrin et Dorrell, 2024). Cependant, les activités de recherche elles-mêmes ont des impacts environnementaux importants (De Paepe et al., 2024; Valls-Val et Bovea, 2021) suscitant une réflexion approfondie et un engagement actif en faveur de leur réduction.

Les tutelles qui soutiennent les laboratoires de recherche Français, mettent progressivement en place des plans d’action pour une transition environnementale. Cette responsabilité impose de réfléchir aux moyens de limiter l’empreinte de la recherche, qui comprend notre adhésion et notre participation aux sociétés savantes nationales et internationales.

Positionnement général

La Société Phycologique de France (SPF), au nom de tous ses adhérents, s’engage à prendre en compte les problématiques environnementales dans son fonctionnement, ainsi qu’à réduire son empreinte environnementale et à accompagner les changements progressifs vers la science durable. Par ailleurs, la société reconnaît que la responsabilité environnementale est à articuler avec d’autres impératifs, tels que les projets de recherche et la mobilité nationale et internationale de ses membres. Enfin, la SPF reconnaît son rôle face au grand public dans la médiation et la communication au sujet de la crise environnementale.

Ainsi, le Conseil d’Administration de la SPF s’engage aux mesures suivantes :

  • Pour ses conférences annuelles (« les journées de la SPF ») : la SPF suggère de limiter les déplacements en avion et privilégier le train au maximum. En particulier, nous recommandons d’éviter les missions en avion en France métropolitaine et en Europe dès qu’une alternative en train d’une durée inférieure à 6 h est possible.
  • Encourager, dans la mesure possible et en fonction des circonstances professionnelles et personnelles des boursiers, que les prix de mobilité internationale décernés aux jeunes membres de la société soient utilisés en priorité pour réserver des moyens de transport durables lors de missions vers des colloques internationaux. Nous invitons les boursiers à fournir un retour sur l’utilisation des bourses qui seront affichés sur le site de la SPF. Les détails concernant le type de retour attendu seront précisés sur le formulaire d’inscription aux journées de la SPF.
  • Pour la restauration lors des journées de la SPF, qui comprend les plateaux-repas et les pauses café, faire appel à des traiteurs et fournisseurs adoptant une démarche écologique : utilisation de produits biologiques ou locaux, options végétariennes, plats faits maison, minimisation ou valorisation des déchets, etc.
  • Pour ses finances, privilégier des banques ou des comptes d’épargne avec des pratiques écoresponsables clairement décrites et accréditées par une source externe (par exemple, via Certification RSE).
  • Promouvoir la science participative pour comprendre les impacts du changement environnemental sur les algues et les écosystèmes du littoral, par exemple autour de la Journée Internationale de la Biodiversité ou la fête de la science, et des formations ouvertes pour des chercheurs qui souhaitent aborder des questions liées à l’environnement et la crise climatique, par exemple l’atelier « Fresque du climat ».

Le C.A. de la SPF remercie Zhou Xu (Sorbonne Université) et Abi Perrin (Université de York) pour leur aide avec la préparation de cette texte d’engagement.

Références citées


De Paepe, M., Jeanneau, L., Mariette, J., Aumont, O., and Estevez-Torres, A. (2024). Purchases dominate the carbon footprint of research laboratories. PLOS Sustainability and Transformation 3, e0000116.

Lee, H., Calvin, K., Dasgupta, D., Krinner, G., Mukherji, A., Thorne, P., Trisos, C., Romero, J., Aldunce, P., and Barrett, K. (2023). Climate change 2023: synthesis report. Contribution of working groups I, II and III to the sixth assessment report of the intergovernmental panel on climate change (The Australian National University).

Perrin, A.J., and Dorrell, R.G. (2024). Protists and protistology in the Anthropocene: challenges for a climate and ecological crisis. BMC Biology 22, 279.

Richardson, K., Steffen, W., Lucht, W., Bendtsen, J., Cornell, S.E., Donges, J.F., Drüke, M., Fetzer, I., Bala, G., and Von Bloh, W. (2023). Earth beyond six of nine planetary boundaries. Science advances 9, eadh2458.

Valls-Val, K., and Bovea, M.D. (2021). Carbon footprint in Higher Education Institutions: a literature review and prospects for future research. Clean Technologies and Environmental Policy 23, 2523-2542.